Silius ! Elle revit ce jour, ou plutôt cette soirée, où Silius avait frappé à sa porte ici même, dans cette même demeure ou presque, ce même village. Dans cette maison ou il était venu à elle ! Elle sentait à nouveau son odeur, l'odeur d'un soldat qui a pris soin de lui, une odeur de parfum de fleurs d'orient. Elle était seule et lui avait ouvert la porte. Au dehors, c'était une longue et douce soirée de fin de printemps. Après une averse, une douche comme se plaisent à le dire les habitants de cette île. Le ciel déjà multicolore avait jugé bon de s'offrir un arc-en-ciel, juste au-dessus du village, comme pour couronner de laurier la tête du légat. Dans ce décor doux de pastel, pas une couleur vive ne venait heurter de si tendres cieux. Le Romain était entré, vêtu d'un grand manteau rouge qui recouvrait une tenue romaine luxueuse. C'était seulement la deuxième fois qu'Irin apercevait Silius, et la première fois d'aussi près.

En se remémorant tout ceci, Irin se souvint de la force, de la puissance, de cette grandeur qui se dégageait de ce légat ce jour-ci. Un nouveau flash lui rappela comment, dans la chambre, il l'avait dévêtue, lentement, avec volupté. À chaque vêtement qu'il ôtait, ses douces mains caressaient les parties du corps mis à nu. Ses lèvres l'effleuraient et y déposait des milliers de doux baisers. Pour qu'elle s'allonge en toute confiance, il lui avait pris la main en douceur et l'avait invitée à se coucher. Elle était nue et il prenait soin d'elle. Puis, il avait enveloppé délicatement tout son corps d'un doux parfum qu'il avait apporté. Elle se laissait faire, tant de douceur, tant de volupté l'envoutait. Elle ne cherchait point à cacher son corps sous une couverture, au contraire, elle exposait sa nudité. Elle offrait à ses mains, à ses lèvres, toute la douceur de sa peau.

Alors Silius lui révéla son corps d'Apollon. À genoux à ses pieds, nu, sa virilité en érection, il remontait de sa langue le long chemin des jambes fines et musclées de la douce. Le va-et-vient régulier entre ses cuisses la fit se cambrer. Ses cheveux sur le visage, la tête fortement appuyée sur le sol, ses mains agrippèrent la tête du demi-dieu. Elle avait cambré encore plus ses reins comme pour projeter son fessier au sommet de la hutte. Elle fraya un passage à la langue de Silius jusqu'à sa fleur rousse. Toute son intimité s'ouvrit dans un fougueux appel à pénétrer le sacré.